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Agen-village

Dessin panoramique d'Agen par Tchandra Cochet

Il m’a fallu attendre le retour du soleil pour enfin affronter la capitale. La capitale du Lot-et-Garonne, j’entends. Agen, du haut de son pont-canal, montre une façade villageoise : un tangram de tuiles et trois clochers nichés dans la densité végétale qu’on a bien voulu planter là. Même Le Passage, de l’autre côté du fleuve, paraît plus peuplé.

Faut aimer la flotte.

La ville-préfecture à l’urbanisation prétentieuse, ses zones commerciales géométriques, sa circulation, son centre-ville aseptisé sont complètement masqués au regard du passant, qui n’en voit que le quartier bucolique et résidentiel et son reflet dans le canal.

En bon amateur de cartes postales, je tombe dans le piège et enjambe à mon tour la Garonne. Faut aimer la flotte. Le Canal latéral à la Garonne (ici en perpendiculaire) stagne presque tandis qu’en dessous le fleuve gronde, et je n’en mène pas large sur l’étroit parapet qui circule entre eux deux.

Quelques promeneuses et un groupe scolaire s’éparpilleront sur le pont, tandis que j’essaie de traduire le calme de cette partie d’Agen, nonobstant l’autoroute qui la longe. Au Sud, l’horizon s’enfuit sous la passerelle suspendue et sous le pont de Pierre (qui paraît de béton). Mon regard, et mon dessin, passent de droite à gauche et s’achèvent de l’autre côté du canal, parmi la verdure et les riches villas ; depuis leur colline elles contemplent les masses affairées et grouillantes qu’on devine derrière cet écran pittoresque (dont seule la fumée de Golfech dénonce la supercherie).

Un tangram de tuiles et trois clochers nichés dans la densité végétale qu’on a bien voulu planter là.”

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Entré en ville par la fine passerelle — encore une — qui surplombe la voie ferrée, j’ai plongé de l’autre côté du miroir touristique et nagé à contre-courant jusqu’à l’unique terrasse de l’hypercentre. Celle d’où j’écris ces lignes, fasciné par la normalité du paysage urbain et de ses protagonistes. Un coin de soleil m’éborgne.

Le métropolisation de l’Agenais commence peut-être ici. Mais au vu de la puissance rurale qui siège autour d’Agen et qui s’immisce dans ses moindres interstices, de l’eau aura coulé sur le pont-canal avant que la ville n’atteigne son bétonnier objectif.


🙂 Une vue sur Agen… chez vous !
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