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Si vis pacem, pars à vélo ! #6

Passé une nuit à l’hôtel Verona. Chaleur, moiteur agréables.

Confort, toi qui nous as manqué, te voilà proposé à nous, à Milano, vrai lit, vraie douche, vrais chiottes…

Mais se sent-on mieux ? Déjà, je n’ai pas bien dormi dans ce four à pizza, me relevant pour boire, me tournant et me retournant dans mon unique drap pas en soie. On a beau faire l’apologie des hôtels en regard du camping, l’habitude de la tente ne se perd pas en une nuit. Et cette nuit, le sol dur et bosselé, le duvet moite, la soie et les insectes m’ont manqué. On exagère, bien sûr. Car l’assurance d’un camp de base sécurisant et réconfortant plein d’accessoires inutiles mais utilisables et ce au cœur d’une cité épuisante comme Milano, c’est un luxe qu’on a bien fait de s’autoriser. Visiter à pied la capitale de la Lombardie, c’est quand même chouette.

« …nous restions tout de même aux aguets, dressés sur nos coudes dans nos sacs à viande. »

Hier soir. Palazzolo sull’Oglio.

Tout allait pour le mieux puisque, après quelque errance, nous trouvions un guide pour un lieu de campement, lequel semblait correct, bordure de canal, peu de monde, air frais. Et malgré la déception de voir un spot nous aveugler dès vingt-deux heures, nous nous couchâmes là, las. Julien même dormit.

Mais peu, puisqu’une heure après une lampe torche vint, en renfort du spot, fouiner en nous comme dans un livre ouvert. Phares de voiture, imaginions-nous, mais nous restions tout de même aux aguets, dressés sur nos coudes dans nos sacs à viande. Le rond de lumière se faisant baladeur, nous serrâmes les cœurs, les poings et les dents dans un mélange de curiosité et de stress, la peur aidant.

Cette fraction de seconde dura une demi-journée, jusqu’à ce que le pont au-dessus du canal craquât et qu’une voix dure éructât un « Polizie ! » qui voulait tout dire. J’ouvris la moustiquaire pendant qu’une main noire tendait un insigne. Il était évidemment interdit de camper ici.

Baragouinant au possible parmi les vélos, nous tombâmes tous quatre sur un accord : décamper proprement dit avant neuf heures le lendemain.

Soulagement partagé, prompt rendormissement pour Julien, quand déjà de nouveaux bruits se profilaient à mon horizon sonore : jeunes en vadrouille nocturne, haussant la voix au possible comme pour nous signifier leur présence… Restant en éveil par crainte pour nos vélos, je ne fermai l’œil que trop tard, au moment où les jeunes fatigués laissaient la place aux pêcheurs du matin, pas moins bruyants, pas plus compréhensifs.

Alors que les cloches n’avaient cessé de tintinnabuler toute la nuit, elles sonnèrent enfin sept heures, le temps pour nous de filer, ni reposés ni réveillés, emplis de rancœur envers les générations de vagabonds et, un peu, les moustiques.

à suivre…


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