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Cahors du Diable

Cahors, le pont Valentré dessiné par Tchandra Cochet

Qu’on arrive de Saint-Cirq ou de Lauzerte, c’est la forêt. La route semble un sentier au milieu de cette luxuriante et sauvage nature. On vérifie ses traces, on sème des cailloux de peur que le chemin s’arrête entre les arbres. Rares sont les masures qui s’aventurent sur les crêtes, discrètes et isolées comme des gariotes de berger.

Et puis, dernière un virage, d’autres habitations en pierre apparaissent parmi la végétation. Et puis de plus en plus. Tous ces druides minéraux qui se rassemblent dans une clairière en fond de vallée. Comme si le Grand Saupoudreur de Maisons avait eu la main plus lourde, en cet endroit particulier du Haut-Quercy. Ainsi naquit Cahors, fille de la forêt.

« Farfadets et lutins se mêlent au Cadurciens et jouent des tours aux voyageurs. »

Le Lot, nerveux et indocile, abreuve le cheptel de pierre. Il s’enroule autour de Cahors, serpent fou, s’énerve encore en lacets jusqu’à Fumel avant d’enfin se calmer aux abords de Penne ou de Villeneuve. Mais à Cahors, ses eaux sombres volent les reflets comme un orage diabolique.

C’est par-dessus ce Phlégéthon local que se dresse le pont Valentré. L’ouvrage à trois cornes enfourche la rivière, menaçant, terrible. Né d’un pacte avec le démon, il en porte encore la marque : un diablotin demeure sur la tour centrale pour empêcher son Maître d’en desceller les pierres.

Dessin panoramique de Cahors

Fantastique Cahors ! Qu’on ose passer le pont et l’on pénètre dans un autre monde. Un monde où, j’en suis sûr, farfadets et lutins se mêlent au Cadurciens et jouent des tours aux voyageurs. Ils leur concoctent des philtres pour les faire sans cesse revenir, charmés, éperdus, guillerets.


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