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Bordeaux : la Belle réveillée

Dessin panoramique de Bordeaux, place de la Bourse

J’arrive à Bordeaux en terra incognita. Au sortir du parking souterrain, je suis écrasé par une inhabituelle sensation de grandeur. Un peu comme Gulliver à Brobdingnag. Tout est grand, et dans toutes les directions.

D’abord, c’est la largeur. Il m’aura fallu plusieurs années pour traverser chaque trottoir jusqu’aux quais, eux-mêmes presque aussi larges que la Garonne qu’ils contiennent. Au milieu, sur le pont de Pierre par exemple, se déploie toute la vastitude du Port de la Lune. Le ciel prend de l’ampleur. Les immeubles se recroquevillent de chaque côté. Il y a tant d’espace qu’on discernerait la courbure de la Terre.

« Non, Bordeaux n’est pas qu’un long fleuve tranquille. »

Ensuite, c’est la hauteur. Dominantes, blanches, rectangulaires, les façades classées se penchent loin au-dessus de moi. Leurs empilements de fenêtres rigoureusement identiques me prennent de haut. Leurs porches autrefois royaux sont aujourd’hui repris par les commerces de la plèbe. À contempler la belle endormie, je m’ennuie ; mais il est des ennuis confortables.

Je me suis installé sur un banc de la station Place de la Bourse pour en contempler l’éponyme. Minutieusement, je reproduis un à un les ornements cossus qui se répètent indéfiniment. Un travail fastidieux, rythmé seulement par le passage régulier des tramways qui m’obligent à lever le crayon.

Dessin de la place de la Bourse à Bordeaux

Agréablement las de cette activité de copiste, je pénètre de mon plein gré dans le labyrinthe bourgeois. Un véritable palais des glaces, les flancs de chaque rue se reflétant l’un l’autre dans une similitude banale à troubler. Bien que progressant en ligne droite, j’ai rencontré de nombreuses fois les mêmes places. Homogénéité bordelaise…

… Jusqu’à la basilique Saint-Michel et le marché Neuf qui s’éparpille à ses pieds ! Balayée, la rectitude prétentieuse, le folklore populaire et cosmopolite occupe la place. Le méli-mélo de couleurs, d’odeurs et même de formes vient secouer la capitale girondine. Non, Bordeaux n’est pas qu’un long fleuve tranquille.


Je vous ressers un peu de Bordeaux ?
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