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Villers-sous-gouttes

Dessin panoramique de Villers-sur-Mer

La route se bocagise à l’odeur de la mer. Les colombages se rebiffent. Puis on émerge de la verdure, jusqu’à atteindre l’orée de la France et sa limite liquide. Surface bleue à l’arête parfaite, à peine brisée par des bâtiments aussi obscures que lointains. Et par le Havre, bien sûr, dont la netteté du port annonce de tristes intempéries.

“Tout à la fois se font entendre le tonnerre, la pluie et une voix dans le micro annonçant « drapeau rouge, baignade interdite !« ”

La plage est clairsemée et je n’arrive pas à savoir si c’est par l’imminence de l’orage ou celle du déjeuner. La mer est haute, lèche les cabines. L’étroite bande passante qui reste semble de sable fin, galets et coquillages étant dissimulés sous les rouleaux. Encore pour quelques minutes, le soleil fait scintiller le tableau.

Villers-sur-Mer par Cochet

Je tourne le dos au spectacle de la nature pour contempler celui des hommes, cet empilage de villas grand siècle à flanc de falaise. Me frayant un chemin entre les joueurs de mölkky et les mouettes qui fouillent dans les affaires des rares baigneurs, je plante mes pieds dans le sable villersois et entreprends d’en illustrer le front de mer.

Le temps de détailler les habitations bourgeoises qui descendent du grand escalier au bord de la Manche — aboutissant en ce cheptel fossile qu’on appelle les Vaches Noires — que la lumière s’éteint. Tout à la fois se font entendre le tonnerre, la pluie et une voix dans le micro annonçant « drapeau rouge, baignade interdite ! »

“Il est marée basse moins le quart”

Commence alors une valse humide entre la plage d’où entre chaque averse je dessine et la terrasse couverte du Hurricane Bar, d’où j’écris. Un après-midi créatif typiquement normand rythmé par des éclaircies heureusement fréquentes. L’occasion aussi de me mêler aux vacanciers qui régulièrement s’agglutinent sous les entrées d’immeubles et les arrêts de bus.

Villers-sur-Mer par Tchandra Cochet

Il est marée basse moins le quart quand je jette l’éponge et replie mon carnet involontairement aquarellé. Je m’essore. Le temps d’arriver en haut de la très verticale rue des Bosquets, le facétieux soleil est déjà de retour ! Villers-sur-Mer est dans son jus et mes pieds, couverts de sable.


Vivez la Normandie bien à l’abri chez vous !
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