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Penne d’Agenais sort du Lot

Port de Penne d'Agenais

Déjà la route est belle. Vallons, détours, champs moissonnés aux meules éparses, mini-forêts… bâtisses cossues çà et là disséminées, fermes en pierre comme des cairns, quelques églises.

Et pourtant, ce trajet tout en chaleur et paille séchée ne m’avait pas préparé à l’atmosphère presque côtière du port de Penne. La bourgade, calme autant qu’animée, a de faux-airs de ces cités bretonnes qui semblent aux mains des touristes mais que les autochtones habitent, disons, à un autre niveau, plus discret et plus affirmé. Deux populations qui parcourent les mêmes rues, entrent dans les mêmes boutiques pour y vivre des émotions tellement différentes. La boulangerie-pâtisserie de Penne a tout de ces échoppes à public variable.

“Cette verticale cité médiévale, laquelle s’élève superbement telle une Babel agenaise”

Sous le pont, sur les quais de Lot, des vieux qu’on dirait pêcheurs s’invectivent et ça s’entend jusqu’à l’autre rive. Je le sais, j’ai traversé le pont qui mène à Saint-Sylvestre pour m’élargir la vue. Et donc, en dézoomant, lesdits pêcheurs se retrouvent écrasés par les imposantes demeures qui bordent la rivière, elles-mêmes surplombées par d’autres de ces façades de pierre aux balcons estivaux, jusqu’à l’église Saint-Pierre-ès-Liens et son impressionnant clocher carré.

En reculant encore, on découvre que le port n’est que le pied de cette verticale cité médiévale, laquelle s’élève superbement telle une Babel agenaise, tout en restant cachée à nos regards par une épaisse végétation. Seuls quelques toits de tuiles se dévoilent, quand on remonte la pente des yeux jusqu’à la basilique, faîte aussi majestueux qu’étrange avec son dôme scintillant que vu d’en bas on dirait un observatoire.

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Je suis passé sur l’autre rive pour trouver le point de vue idéal pour dessiner. Un chemin longe le Lot en effet, mais des haies y ont été plantées côté rivière – et donc côté Penne d’Agenais – comme fait exprès pour qu’on ne puisse pas la voir, à la manière des propriétaires de chiens qui font du naturisme dans leurs jardins de banlieue. Heureusement, en continuant un peu, une trouée me laisse descendre sur un petit embarcadère, ou un débarcadère c’est selon, bref un ponton sur lequel je me suis installé pour contempler le Lot.

“Cent quatre-vingts degrés de fresque citadine”

Le père et le fils pêchant depuis leur canot, l’aviron faisant des allers-retours, à ma gauche la forêt pieds-dans-l’eau petit à petit dévorée par Penne, ou l’inverse, qui s’étale alors jusqu’au pont. Cent quatre-vingts degrés de fresque citadine que je m’empressai de coucher sur mon carnet en accordéon, que d’aucuns nomment Leporello, et qui se remplit peu à peu du souvenir ému de cette ville portuaire, inspirante et paisible qu’est Penne d’Agenais en Lot-et-Garonne.


😀 Vous en prendrez bien pour chez vous ?

2 commentaires sur « Penne d’Agenais sort du Lot »

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